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Avant 1850, le papier est plutôt rare car sa production entraîne des coûts importants. On le fabrique à partir d'une pâte obtenue du mélange de fibres de légumes et de chiffons. Mais vers le milieu du XIXe siècle, on découvre qu'on peut l'obtenir à partir des fibres de bois et une machine est mise au point pour réduire le bois en pâte. L'épinette et le sapin, dont regorgent les forêts canadiennes, s'avèrent être plus propices à la production des fibres de bois que le pin, exploité précédemment pour le commerce du bois équarri. L'arrivée de l'hydro-électricité, à partir des années 1890, offre un énorme potentiel dont l'industrie papetière sait profiter. Cette industrie connaît un essor spectaculaire au tournant du siècle, quand la demande pour le papier journal lui offre des débouchés considérables. La « pitoune » (billots d'épinette et de sapin coupés en longueur d'environ un mètre) prend le chemin de l'usine de pâtes et papiers et la vie de plusieurs centres s'organisent autour de l'industrie papetière. Le Nord de l'Ontario, avec ses vastes étendues de forêts et ses nombreux cours d'eau propices à la production d'hydro-électricité, accueille de nombreux moulins de pâtes et papiers, d'abord à Espanola (1894) et Sault-Sainte-Marie (1895), puis dans la région de Sudbury (Sturgeon Falls, 1898) et enfin plus au Nord (Iroquois Falls, 1914, Kapuskasing, 1926). La coupe du bois, pratiquée par de nombreuses entreprises comme celle des frères Rolland et Nazaire D'Amours à Moonbeam, est une source de revenu importante pour les Franco-Ontariens du Nord, qu'ils travaillent périodiquement pour ces exploitations forestières ou qu'ils y écoulent leur bois. Quant à l'industrie des pâtes et papiers, elle représente une alternative à l'agriculture à laquelle bien des Franco-Ontariens finissent par tourner le dos. |
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