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Dans le Sud Les historiens considèrent souvent la péninsule ontarienne comme le « berceau » de l'Ontario français. En 1701, Lamothe Cadillac érige le premier établissement français près de la rivière Détroit, en bordure du territoire qui deviendra plus tard l'Ontario. Après la Conquête britannique de la Nouvelle-France en 1760, l'arrivée des Loyalistes - qui fuient la Révolution américaine de 1776 - et la création du Haut-Canada en 1791, la communauté canadienne-française des environs, qui augmentera considérablement au XIXe siècle, aura à composer avec une population de langue anglaise de plus en plus nombreuse. Très tôt, elle reconnaîtra l'importance de la presse dans le resserrement des liens communautaires et fondera de nombreux journaux. En réalité, les premiers journaux de langue française à voir le jour dans la région sont américains. C'est dans la ville soeur de Windsor, Détroit, qu'on lance, en 1825, La Gazette française, que relayeront L'Ami de la jeunesse en 1843 et Le Citoyen en 1850. Trois ans après l'entrée en vigueur de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (1867), on voit apparaître à Sandwich, en territoire ontarien, L'Étoile canadienne, hebdomadaire dont on sait malheureusement fort peu de chose. En 1881, on fonde à Windsor l'un des premiers journaux d'allégeance libérale, Le Progrès, qui informera ses lecteurs pendant environ quatre décennies. Les partisans conservateurs, pour ne pas être en reste, lanceront en 1884 Le Courrier d'Essex, qui fermera boutique, cependant, l'année suivante. Dès la fin du XIXe siècle, on mettra aussi sur pied des journaux plus indépendants des grands partis politiques comme, en 1885, Le Courrier de l'Ouest. Cet hebdomadaire naît de la riposte des milieux nationalistes canadiens-français à la pendaison de Louis Riel, qui a mené l'insurrection des Métis contre l'acquisition, par le gouvernement fédéral, des vastes territoires du Nord-Ouest. D'autres journaux nationalistes et catholiques apparaîtront à Windsor, comme Le Drapeau national en 1891 et Le Courrier en 1908. Notons
également l'existence, à Chatham, du Canadien,
qui est publié de 1906 à la fin des années
1910, et de L'Ami du peuple, qui le côtoie en 1908.
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