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Le Syndicat des journalistes d'Ottawa

Dès sa fondation au début des années 1950, le Syndicat des journalistes d'Ottawa (SJO) s'affilie à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada. Une dizaine d'années plus tard, lorsque celle-ci se dépouille de son caractère confessionnel pour devenir la Confédération des syndicats nationaux (CSN), le militantisme du SJO augmente d'un cran. Durant les années 1960, les journalistes du Droit résistent à tout ce qu'ils considèrent comme une forme d'ingérence de la part de la direction du journal. Par exemple, celle-ci tente d'augmenter le contrôle qu'elle exerce sur le milieu de travail en exigeant, entre autres choses, que les journalistes signent quotidiennement des fiches d'arrivée et de départ. De son côté, le SJO refuse de céder.

Les relations entre les deux parties se détériorent au printemps de 1970. En mai, la direction du Droit décide d'interdire tout reportage sur un colloque conjoint de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et de la Centrale des enseignants du Québec (CEQ). Le SJO crie à la censure, alors même que certains journalistes réussissent, à l'insu de la direction, à publier un article sur la rencontre intersyndicale. Cet incident sert d'amorce à un conflit spectaculaire entre le syndicat et Le Droit qui durera plusieurs semaines et qui aura pour enjeu principal la liberté d'expression des journalistes. Ceux-ci iront jusqu'à porter plainte devant le Comité spécial du Sénat sur les moyens de communications. Réuni en assemblée spéciale, le SJO exige la démission du gérant de la rédaction et du chef des nouvelles adjoint. Cette affaire refait surface lors de l'assemblée annuelle du syndicat qui a lieu le 1er octobre 1970. Cependant, la Crise d'octobre, que provoque l'enlèvement du ministre québécois Pierre Laporte et du diplomate britannique James Cross par le Front de libération du Québec (FLQ), a tôt fait d'éclipser le débat.

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Dernières modifications : 2002.05.29

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Centre de recherche en civilisation canadienne-française (CRCCF), 2002