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Le système scolaire franco-ontarien La consolidation du système |
Les effervescentes années soixante Pendant les années 1960, les communautés francophones du Canada vivent de profonds bouleversements politiques et socioculturels. Au Québec d'abord, la « Révolution tranquille » qui prend son envol avec l'élection du gouvernement libéral de Jean Lesage en 1960, provoque un questionnement sur le rôle social et culturel de l'État dans l'épanouissement de la société francophone. De plus, on assiste à la montée du nationalisme québécois. Selon un nombre grandissant de francophones du Québec, le fédéralisme canadien empêche l'épanouissement des francophones. Pour remédier à cette situation, ils préconisent l'indépendance du Québec. De leur côté, plusieurs éducateurs franco-ontariens s'interrogent également sur la situation du fait français dans leur province. Dès le début des années 1960, de nombreux dirigeants des organisations franco-ontariennes, dont plusieurs membres de l'Ordre de Jacques Cartier (OJC), se questionnent sur les effets du bilinguisme sur leur communauté linguistique. Les assises de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme (commission Laurendeau-Dunton) instituée par le gouvernement fédéral en 1963 stimule également l'effervescence de la communauté franco-ontarienne. En 1965, lors des travaux du Comité provincial sur les buts et objectifs de l'éducation dans les écoles de l'Ontario (Commission Hall-Dennis), les principales associations franco-ontariennes du monde de l'éducation demandent que le fait français soit reconnu officiellement en Ontario. Ils réclament des programmes d'études élémentaires et secondaires conçus pour favoriser l'épanouissement de la culture française en Ontario. Leur intervention survient alors que le gouvernement ontarien procède à une importante restructuration de son ministère de l'Éducation. Les éducateurs franco-ontariens s'inquiètent de la disparition du poste du directeur de l'enseignement français en Ontario. Cependant, la nomination, en 1965, de Roland Bériault au Conseil d'orientation et des projets de développement du ministère de l'Éducation signale le début d'une ère nouvelle pour le système scolaire franco-ontarien. En 1967, le Comité des hauts-fonctionnaires de langue française du ministère de l'Éducation de l'Ontario est formé de Roland Bériault, Hervé Cyr, Léopold Lacroix, Benjamin Michaud et Jean-Marc Tessier. La présence de ces éducateurs franco-ontariens au ministère de l'Éducation de l'Ontario permet, à partir de 1968, la création d'écoles secondaires publiques de langue française ainsi que le renouvellement, par des pédagogues francophones, des programmes d'études de l'ensemble des écoles franco-ontariennes.
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